/// Par une plus grande autonomie dans la gestion des ressources humaines
48 Alléger les procédures de recrutement des personnels de la fonction publique hospitalière et des médecins par les établissements.
Le directeur et le président de la CME doivent être responsables du recrutement du médecin, par ailleurs nommé au niveau national conformément à un profil de compétences défini par le conseil exécutif de l’établissement (avec une possibilité de recours au niveau national en cas de conflit).
49 Affirmer la spécificité du statut d’EPS pour faciliter le recrutement contractuel des cadres présentant des compétences particulières (ingénieurs, contrôleurs de gestion, hôteliers…).
50 Généraliser les pratiques d’évaluation à l’ensemble des professionnels hospitaliers.
/// En leur offrant la visibilité et les outils nécessaires à l’accompagnement du changement
51 Donner aux établissements, dans un cadre contractuel, une visibilité budgétaire à un horizon d’au moins quatre ans sur l’ensemble des enveloppes hors tarifs (missions d’intérêt général et investissements stratégiques).
52 Clarifier et rendre plus transparentes les conditions de mise en Å“uvre de la tarification à l’activité.
53 Mutualiser au niveau régional et national les données nécessaires au partage d’expériences, les bases de données et les dispositifs de gestion des connaissances et d’enseignement à distance.
54 Favoriser les innovations émanant des acteurs de terrain et diffuser leurs expérimentations dans le domaine de l’organisation de l’offre de soins. Effectuées dans le cadre de contrats passés avec les ARSP, ces initiatives seront évaluées par l’Agence Nationale de Santé Publique.
55 Conditionner les investissements stratégiques des établissements à l’existence d’un projet d’accompagnement des changements induits, à la mise en Å“uvre d’un système d’information adapté et à des reconversions totales ou partielles en rapport avec les évolutions démographiques.
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Commentaires |
Commentaire de la part de : Nachin le 7 December 2006, 11:07
48. Ce mode de recrutement est la certitude de ne rien changer aux relations et aux habitudes locales. Avec ce système, en 1969, je n’aurai pas obtenu le poste sollicité dans une nouvelle ville bien que j’aie eu 10 ans d’ancienneté et un dossier scientifique très supérieur à celui de mon collègue concurrent mais il revenait des Iles (ses quatre ans lui comptant huit ans) et avait le soutien de la présidente de la commission administrative de l’époque, c’est la présence syndicale à la commission nationale qui a permis ma nomination.
49. Le système actuel a déjà permis de recruter des contractuels juristes ou(et)économistes avec des salaires très supérieurs à ceux de la grille de la fonction publique,+ de copieuses primes pour les réductions de dépenses que leur activité permettrait. Comme , ils ne connaissent rien à l’activité médicotechnique et que leur formation n’est pas prévue, bonjour les dégats!
50. Les pratiques d’évaluation actuelles sont assez misérables. Il faudrait, s’agissant d’activités concernant les humains, mettre en place des évaluations qualitatives à court, moyen et long terme visant l’intérêt des patients et les dépenses de sécurité sociale.
52 La tarification à l’activité est un monstre à l’encontre de l’intérêt des malades, d’une pratique médicale de qualité et de la Sécurité sociale. (cf. le livre de Grimaldi)
53. Rien contre des échanges régionaux et nationaux à condition que l’identité des malades soit remplacée par un nombre et que le retour vers l’identité ne soit possible que pour le patient et les soignants s’agissant des données médicales. Actuellement, le secret professionnel n’ est pas respecté- un secret professionnel étendu à tout espèce de personnel devient un secret de Polichinelle. Chacun ne devrait avoir accès qu’à ce qui le concerne.
Commentaire de la part de : Nachin le 27 December 2006, 15:15
Faute qu’il y ait un chapitre général ou la possibilité d’intervenir après l’édito, j’ajoute à la fin de ce chapitre mes remarques d’ordre général. D’abord pour dire mon accord avec de nombreuses propositions, étant intervenu seulement sur celles qui me posent problème.
La notion d’hôpital-entreprise qui a cours actuellement n’est pas une bonne notion. L’hôpital doit pouvoir équilibrer son budget mais son objectif n’est pas de faire des bénéfices comme une entreprise industrielle ou commerciale: il ne peut faire des bénéfices qu’au détriment de la sécurité sociale et des patients. Au début de ma carrière (1959), la plupart des hôpitaux étaient sous-administrés en quantité et en formation des administratifs), aujourd’hui, les hôpitaux avec moins de lits sont suradministrés et c’est une source de déficit hospitalier non seulement par soi-même mais parce que cela prive l’hôpital d’embaucher davantage de personnels producteurs de soins. De plus , le personnel médical et soignant est soumis de plus en plus à un système administratif qui le tient éloigné de ses tâches fondamentales de soins, de formation et de recherche. la création de pôles en est le dernier avatar ajoutant un échelon de décision supplémentaire. Si dans certains domaines, la création d’un pôle peut avoir une signification fonctionnelle, dans d’autres cas, il s’agit d’un rapide ramassis de services sans liens fonctionnels entre eux uniquement pour satisfaire à une exigence administrative générale.
La « nouvelle gouvernance » aboutira à la destruction de l’hôpital public si on ne remet pas tous les problèmes à plat en organisant partout une authentique concertation.
Il y a lieu de réduire progressivement la place quantitative du personnel administratif par rapport aux personnels producteurs de soins.
Les décisions économiques doivent être prises en coordination avec chaque service concerné sinon on aboutit à des aberrations. A titre d’exemple, un responsable économique achète au meilleur prix des pipettes pour tous les services sans concertation, il s’avère qu’elles sont inadaptées pour certaines tâches et une économie minime se traduit à l’usage par la perte répétée de produits bien plus coûteux. Dans le même secteur, on achetait à l’unité en nombre limité des produits pour des examens rares, notre « économiste » a trouvé un meilleur prix mais en achetant les produits par pack dont certains éléments seront inutilisés et périmés. Tout cela se fait sous le signe de « l’économie » sans consulter les utilisateurs.
On a constitué des D.I.R.M. avec un P.H. mi-temps et parfois plein temps (alors que l’on manque de P.H., spécialement en psychiatrie, bientôt aussi dans d’autres disciplines) alors que le dispositif ne permet pas de vraie recherche médicale mais seulement sur les données administratives, sociales et diagnostic. Le P.M.S.I. est conçu comme une procédure technique fragmentaire qui prend beaucoup de temps, amène à considérer le patient en pièces détachées et est nuisible à la qualité de la relation soignant-soigné ( à cause du manque de temps et de l’attitude d’esprit que cela introduit) . En psychiatrie, la G.P.A.S. (gestion patient-activités-secteur) comporte les mêmes défauts avec en plus le fait de faire entrer dans le gros ordinateur même une simple consultation avec l’identité de l’intéressé et des conditions de respect du secret professionnel plus que douteuses.
On s’est mis à appliquer à la santé et aux hôpitaux les méthodes de travail qui ont fait le malheur de l’éducation nationale, des décisions tombent d’en haut sans que les gens de la base sachent comment elles se sont fabriquées (politiques ? hauts fonctionnaires ? « experts » habilement choisis ?) et on n’organise une fausse concertation que sur les modalités de leur application. Dernièrement, on a dit aux gens, constituez des pôles avant telle date sinon vous n’aurez pas de moyens !
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